Cérémonie du T-DOR 2019 à Nantes

La cérémonie du TDoR 2019 à Nantes

Le 20 novembre 2019 avait lieu la cérémonie du TDoR 2019 à Nantes. Ce moment important de recueillement, en mémoire des personnes trans assassinées à travers le monde,était organisé par Reboo-T, nouvelle association trans d’entraide et de soutien, le Collectif Non-Binaire et la commission Trans & Inter de NOSIG.

 

Le TDoR, journée internationale de la mémoire trans, a maintenant vingt ans. Vingt ans de commémoration, vingt ans de combat contre les discriminations, vingt ans de lutte pour nos droits.

Ces deux décennies ont vu des progrès de la conscience politique de la communauté trans, qui a permis de précieuses avancées dans le domaine du droit dans de nombreux pays.

Mais cette visibilité croissante a également attisé la haine, comme nous avons pu le voir dans la politique russe ou dans l’administration de Bolsonaro au Brésil, et même provoqué des reculs, notamment avec l’administration Trump. La lutte contre la transphobie a, malheureusement, de belles années devant elle.

Inlassablement, année après année, nous nous retrouvons pour commémorer les victimes de notre communauté. Cette année, 369* victimes d’assassinat ou de suicide ont été recensées par les médias. Elles ont entre 14 et 80 ans… Nous savons que ce n’est que la partie visible. La transitude des victimes est en effet parfois ignorée, ou les faits non rapportés.

Les causes de décès sont très significatives de la transphobie des meurtriers, avec souvent de l’acharnement sur les victimes, de nombreux coups de couteau ou des tirs, des lapidations, des marques de tortures parfois génitales. 

Les victimes sont en immense majorité des femmes racisées et 61% sont travailleu-r-se-s du sexe. Nombre de personnes trans exercent cette activité en raison de la transphobie qui les éloigne des autres emplois, et cette transphobie précipite leur mort. En France, les lois de pénalisation des clients accentuent encore la précarisation et la mise en danger des travailleu-r-se-s du sexe. Nous demandons son abrogation.

Aucun continent n’est épargné par les crimes transphobes, mais l’Amérique du Sud reste sur-représentée, le plus grand nombre de victimes par pays se retrouvant au Brésil. La France est relativement épargnée, mais nous recensons néanmoins des assassinats ces dernières années, et une recrudescence nette des agressions à caractère transphobe.

Au-delà de ces meurtres, il est nécessaire de rappeler que la communauté trans est l’une des plus touchée par l’épidémie du VIH, dû notamment à la grande précarité des personnes trans. Enfin, elle est également particulièrement frappée par le suicide, lié essentiellement au poids des discriminations transphobes de l’État, du milieu médical, des médias et de la société, mais aussi du rejet familial.

Ce point est capital. Famille, ami-e-s, allié-e-s, vous pouvez rejoindre notre lutte. Luttons ensemble contre la transphobie, qui précarise, qui ostracise, qui crée la violence qui touche avec tant de force notre communauté chaque année.

Luttons ensemble pour qu’aucun nom ne soit rajouté à cette liste, pour que le TDoR n’ait plus de raison d’exister. Pour que nous puissions pleurer ciels que nous avons perdus, sans craindre de n’avoir plus de larmes pour ciels que nous perdrons encore.

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* Le nombre de victimes recensées est issu de la liste https://tdor.translivesmatter.info

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